Sviatoslav Richter

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Sviatoslav Richter est né à Jytomyr, en Ukraine le 20 mars 1915. Son père, Teofil Danilovich Richter (1872-1941), était un pianiste allemand expatrié, également organiste et compositeur, qui avait fait ses études à Vienne. Sa mère, Anna Pavlovna (née Moskaleva ; 1892-1963), était issue d’une famille noble de propriétaires fonciers russes, et fut, un temps, l’élève de son futur mari. En 1918, alors que les parents de Richter vivent à Odessa, la guerre civile les contraint à se séparer de Sviastolav et à le confier à sa tante Tamara. Cette dernière l’éduque ainsi de 1918 à 1921, c’est durant cette période que Sviatoslav Richter manifeste pour la première fois son intérêt pour l’art, notamment la peinture, que sa tante avait commencé à lui enseigner. En 1921, la famille Richter est à nouveau réunie et réaménage à Odessa, où Teofil enseigne au Conservatoire d’Odessa, puis est, brièvement, organiste dans une église luthérienne. Au début des années 1920, Sviastolav Richter montre son intérêt pour la musique (ainsi qu’à d’autres formes d’expression artistique comme le cinématographe, la littérature et le théâtre) et commence à étudier le piano.

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En fait, Richter peut être considéré comme un autodidacte. Son père, bien que professeur de musique de profession, ne lui a apporté qu’une éducation musicale basique, comme l’a rapporté le père d’un de ses élèves tchèque. À un âge précoce, Richter était un excellent accompagnateur et se produisait déjà, régulièrement, avec les compagnies de ballet et à l’Opéra d’Odessa. Il y développa une passion pour l’opéra, le chant et la musique de chambre qui purent trouver leur pleine expression dans les festivals qu’il créera plus tard à La Grange de Meslay, en France et au Musée Pouchkine de Moscou.


La carrière de Sviatoslav Richter, l’impact qu’il a eu tant sur le public que sur ses pairs (il est le seul à propos duquel se fasse l’unanimité pour dire qu’il est l’un des plus grands pianistes de l’Histoire) sont inégalés dans le monde de la musique classique. Après une enfance et une adolescence presque sauvages passées à Odessa, dépourvu de toute formation académique, où il apprend seul le piano et la musique, et où il est, dès l’âge de quinze ans, répétiteur à l’Opéra de la ville, il part à Moscou en 19371. Richter donne son premier récital, le 19 mars 1934, à la Maison des Ingénieurs d’Odessa ; mais il ne commence à étudier sérieusement le piano que trois ans plus tard, quand il décide de rejoindre Heinrich Neuhaus2, un pianiste célèbre et un professeur de piano, au Conservatoire de Moscou.

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Durant l’audition de Richter devant Neuhaus et ses élèves (où il joua "Les Ballades de Chopin dont la Ballade n°4), Neuhaus aurait chuchoté à un étudiant, placé à ses côtés, "Cet homme est un génie". Bien qu’il ait formé de nombreux autres virtuoses tels Emil Guilels, Iakov Zak, Elisso Virssaladze, Gérard Frémy, Bronislav Stayevski, Oleg Boshniakovich, Radu Lupu, et bien d’autres, Heinrich Neuhaus considérait Richter comme "l’élève de génie qu’il avait attendu toute sa vie," estimant qu’il n’avait "presque rien" apporté à ce dernier3.
À l’âge où la plupart des grands pianistes démarrent leur carrière, Sviatoslav Richter commence seulement à apprendre sérieusement l’art du piano. Heinrich Neuhaus, l’un des pianistes soviétiques les plus réputés de l’époque, subjugué par le "génie" de cet inconnu l’accepte immédiatement dans sa classe du conservatoire de Moscou où Richter va suivre une scolarité complètement marginale. Refusant, en pleine période stalinienne, de se plier aux disciplines auxquelles chacun est tenu de se soumettre (l’établissement dispensant, en effet, un enseignement politique obligatoire), Richter est exclu, à deux reprises, du Conservatoire, mais y est réadmis à chaque fois, sur les instances de Neuhaus1. Tôt dans sa carrière, Richter a composé et aurait joué certaines de ses compositions lors de son audition devant Heinrich Neuhaus. Cependant Richter abandonne la composition peu de temps après son installation à Moscou. Des années plus tard, Richter expliquera ce choix : "La meilleure façon que j’ai de m’exprimer est la mienne, je ne vois pas pourquoi j’ajouterais de la mauvaise musique dans ce monde".
Durant l’audition de Richter devant Neuhaus et ses élèves (où il joua "Les Ballades de Chopin dont la Ballade n°4), Neuhaus aurait chuchoté à un étudiant, placé à ses côtés, "Cet homme est un génie". Bien qu’il ait formé de nombreux autres virtuoses tels Emil Guilels, Iakov Zak, Elisso Virssaladze, Gérard Frémy, Bronislav Stayevski, Oleg Boshniakovich, Radu Lupu, et bien d’autres, Heinrich Neuhaus considérait Richter comme "l’élève de génie qu’il avait attendu toute sa vie," estimant qu’il n’avait "presque rien" apporté à ce dernier3.
À l’âge où la plupart des grands pianistes démarrent leur carrière, Sviatoslav Richter commence seulement à apprendre sérieusement l’art du piano. Heinrich Neuhaus, l’un des pianistes soviétiques les plus réputés de l’époque, subjugué par le "génie" de cet inconnu l’accepte immédiatement dans sa classe du conservatoire de Moscou où Richter va suivre une scolarité complètement marginale. Refusant, en pleine période stalinienne, de se plier aux disciplines auxquelles chacun est tenu de se soumettre (l’établissement dispensant, en effet, un enseignement politique obligatoire), Richter est exclu, à deux reprises, du Conservatoire, mais y est réadmis à chaque fois, sur les instances de Neuhaus1. Tôt dans sa carrière, Richter a composé et aurait joué certaines de ses compositions lors de son audition devant Heinrich Neuhaus. Cependant Richter abandonne la composition peu de temps après son installation à Moscou. Des années plus tard, Richter expliquera ce choix : "La meilleure façon que j’ai de m’exprimer est la mienne, je ne vois pas pourquoi j’ajouterais de la mauvaise musique dans ce monde".